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Le musée de la Tour des Prisons à Lunel

Située au cœur du centre historique, la Tour des prisons (qui s’élève actuellement sur une hauteur de 16m) constituait au XIème et XIIème s., un bâtiment défensif assurant le contrôle de la porte Notre-Dame. Transformé en prison au XVIème s., durant les guerres de Religion, l’édifice présente une cellule en rez-de-chaussée, deux cachots au 1er étage, un niveau intermédiaire avec un chemin de ronde et un dernier étage aménagé en salle de garde puis en geôle dite « salle des passagers » prisonniers transférés de Montpellier à Nîmes.

Lieu de sûreté jusqu’en 1917, la Tour a été englobée au cours des siècles, dans le bâti urbain: au sud, attenante, la Maison du Viguier (représentant du roi) dont la façade renaissance est un bel exemple régional (bureaux de l'OT), au nord, la Halle aux poissons (1821) accueil de l'actuel Office de tourisme.

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Porte.cellule-Ville.de.Lunel (Tsft)
 
Plus de 300 graffitis

Au total plus de 300 graffitis (dont 210 dans les cachots du 1er) ont été réalisés suivant plusieurs techniques : sur la pierre, des dessins en bas-relief ou creusés dans le calcaire grâce à un objet métallique et pointu ; sur les enduits, les messages ont été soit incisés dans l’épaisseur du mortier, soit écrits à la sanguine ou à la mine de plomb sur les badigeons. Les graffitis gravés sur la pierre sont les plus anciens et correspondent majoritairement à des signes religieux. Ceux réalisés à la mine de plomb sur la dernière couche de badigeon sont postérieurs à 1892.

 

Des messages et dessins émouvants

52 détenus ont gravé leur nom ou prénom. Une dizaine d’inscriptions clament l’injustice, la souffrance ou adressent des messages personnels avec une orthographe souvent incertaine. Les dessins sont variés : portraits, profils, motif géométrique, croix, cœur, dessins à caractère pornographique, oiseau, cygne, roseau, palme (plus rares), chaloupes, silhouettes...

 

OTPL - Graffiti

De très nombreux symboles religieux

On dénombre plus de 50 signes religieux ou représentations schématisées d’objets liturgiques : croix latines, grecques, pattées, globes crucifères, calvaires et ostensoirs. Des prières ont été gravées dans la pierre, implorant la protection de Dieu, ainsi que la bienveillance de Marie et de Saint-Jean Baptiste.

 

La vie dans les cachots

Selon les registres de police et du dépôt de sécurité, les condamnations des détenus étaient variées : vagabondage, mendicité, défaut de papier ou de titre de voyage, vols, faux en écriture, escroqueries, dettes, prostitution, outrages à la pudeur et insultes aux représentants des forces de l’ordre. La tour accueillait les personnes condamnées à de courtes peines (1 semaine à 2 mois). Malgré l’épaisseur des murs, l’absence de fenêtres et la présence de massives portes en bois, plusieurs évasions ont eu lieu d'où la création d’un poste de gardien permanent  en 1793. Il devait fournir de la soupe, du pain et de l’eau, rarement de la viande et des fruits. De la paille était régulièrement apportée pour les paillasses disposées à même le sol.

 

Salle.des.gardes..Ville.de.Lunel (Tsft)

Des objets retrouvés dans les latrines

Témoignage de la vie des prisonniers, les fouilles ont mis à jour, principalement dans les latrines, des objets usuels : jetons, billes, coupures de journaux, plus de 100 chaussures avec semelle en cuir ou en corde, pipes en terre cuite ou en bois, dés, ciseaux, fermoirs, boutons et de nombreux haillons.

Detail.salle.des.gardes - Ville.de.Lunel (Tsft)

D'autres objets sont exposés dans les vitrines de la salle des gardes : verres, bouteilles, fioles, encriers, tessons de plats, marmites, bols, poêlons, pots, assiettes, issus des ateliers de Provence, Drôme et Languedoc oriental, du XVIIème jusqu’au XIXème siècle, vaisselle en aluminium ou métallique. Les restes de repas à base de viande (os de bœuf, moutons, poulets) ou de coquillages sont probablement ceux des gardiens. Une quinzaine de pièces de monnaie, dont l’une de 1853, a été perdue.